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"La Société se sert du mot crime pour se conformer aux usages reçus, mais elle déclare qu'elle ne désigne ainsi aucune espèce d'action, de quelque sorte qu'elle puisse être.
Pleinement convaincue que les hommes ne sont pas libres, et qu'enchaînés par les lois de la nature, ils sont tous esclaves de ces lois premières, elle approuve tout, elle légitime tout, et regarde comme ses plus zélés sectateurs ceux qui, sans aucun remords, se seront livrés à un plus grand nombre de ces actions vigoureuses que les sots ont la faiblesse de nommer crimes, parce qu'elle est persuadée qu'on sert la nature en se livrant à ces actions, qu'elles sont dictées par elle, et que ce qui caractériserait vraiment un crime, serait la résistance que l'homme apporterait à se livrer à toutes les inspirations de la nature, de telle espèce qu'elles puissent être. En conséquence, la Société protège tous ses membres; elle leur promet à tous, secours, abri, refuge, protection, crédit, contre les entreprises de la Loi; elle prend sous sa sauvegarde tous ceux qui l'enfreignent, et se regarde comme au-dessus d'elle, parce que la Loi est l'ouvrage des hommes, et que la Société, fille de la nature, n'écoute et ne suit que la nature."
Commentaire d’Oriane (encre bleu nuit): Cette Société est bien entendu une sorte de club privé avec ses lois particulières. Il ne s’agit pas de «la Société» dans son ensemble. Cependant, ma vie, ma fréquentation des hommes politiques, de quelque clubs très privés, d’hommes et de femmes d’influence, de personnages «ayant en charge la vie de leurs concitoyens» m’a prouvé que certains cercles ne sont pas très loin de cette Société telle que l’a décrit Sade. Y compris sur le plan des pratiques sexuelles. Il est vrai qu’elles ne brisent pas tous les tabous, notamment celui du meurtre mais je crains que ce ne soit que pas peur d’une «punition».
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